08/10/2017 : Adieu à Mgr Marcel PERRIER

Monseigneur Marcel Perrier
un homme de conviction

Photos diverses de Mgr Marcel PERRIER
en cliquant sur le lien suivant :


Berger, acteur de théâtre, musicien, poète, prêtre, évêque, Marcel Perrier est tout cela à la fois. Né à Arêches il y a 79 ans, cet homme rempli de bon sens a connu un parcours exceptionnel.
Monseigneur Marcel Perrier : un homme de conviction
Berger, acteur de théâtre, musicien, poète, prêtre, évêque, Marcel Perrier est tout cela à la fois. Né à Arêches il y a 79 ans, cet homme rempli de bon sens a connu un parcours exceptionnel.
.. et qui est loin d'être fini ! De la maison diocésaine de Moûtiers où il prend une retraite méritée, Mgr  Marcel Perrier continue à s'investir au service des personnes, avec le regard attentif et clairvoyant du berger qu'il a toujours été. Nous l'avons rencontré.


Né à Ladrey, au-dessus d'Arêches en 1933, dans une famille d'agriculteurs de 11 enfants, c'est dès l'âge de 8 ans qu'il émet le désire d'être prêtre, dans le sillage de son frère François qui était déjà en route pour la prêtrise. 
Ce rôle du berger, il l'a exercé dès ce tout jeune âge, en gardant quelques chèvres, vaches et moutons, notamment sur les pentes du Mont Mirantin « À l'époque, c'était plus facile d'embaucher un berger quelques mois que de nourrir un chien toute l'année » se rappelle Marcel Perrier. Il admirait le curé d'Arêches de l'époque, le chanoine Lombard, puis le Père Charvin « parlant, rassemblant, animant des fêtes ». 
Il devient interne dès l'âge de 10 ans, (" une séparation de la maison très difficile à cet âge "), à St Sigismond, chez les assomptionnistes, qu'il quitte à la fin de la 1re pour le collège St Paul, puis, direction le grand séminaire de Chambéry. Ordonné prêtre à 24 ans, il est nommé vicaire à Albertville, puis aumônier du lycée Jean Moulin, à une époque où la moitié de l'effectif des élèves était concernée. En 1965, il est nommé curé de Cevins, Notre-Dame-de-Briançon et des paroisses environnantes.

Cet environnement montagneux ne lui déplaît pas : « Combien de fois, sur la route de Celliers, suis-je monté en raquettes et ai du peller des coulées  ! Une fois, bloqué par deux avalanches, j'ai dû redescendre à pied à Notre-Dame-de-Briançon. Mais, dit-il avec simplicité, « c'était plus facile de se battre contre la neige que d'animer un groupe d'ados excités en fin de journée ! ».

Un homme simple et lucide.....qui n'a cessé de s'interroger 

En 1975, l'évêque lui confie le poste de vicaire général de Tarentaise, ce qui lui permet de visiter toutes les paroisses du diocèse. En 1980, il ne souhaite pas le renouvellement de cette fonction et rejoint la paroisse de Bourg St Maurice comme adjoint au Père Jacques Plassiard. Il est à nouveau vicaire général de 1984 à 1987, mais toujours basé à Bourg-St-Maurice. Il devient en 1988 évêque auxiliaire à Chambéry et vicaire général pour les 3 diocèses de Savoie, jusqu'au départ de Mgr Claude
Feidt en 1999.  

Visite ad limina avec le pape Jean-Paul II le vendredi 23/01/2004

Il refuse alors le poste d'administrateur des diocèses de Savoie et assure depuis Myans la desserte de 17 communes du canton de La Rochette. « Je pensais alors rester curé de paroisse », dit-il modeste. 
Mais en 2000, il est nommé évêque de Pamiers, en Ariège, « un petit diocèse de 150 000 habitants », d'où il reviendra en 2008, atteint par la limite d'âge de 75 ans fixée aux évêques. En bonne forme, Mgr Perrier est presque déçu par cette obligation : «  Pourquoi cette limite ne s'applique t'elle pas aussi au pape » fait-il justement remarquer ?

Un engagement total, dans le souci du dialogue 

L'homme a l'obsession du dialogue et de l'attention aux autres. Très impliqué dans la société civile, en Ariège, où il participa à des rencontres "Regards croisés sur la vie ", entre francs-maçons, musulmans, libre penseurs, fédération des oeuvres laïques, cathares, protestants, catholiques, dans une contrée encore marquée par les massacres au nom de la religion. 
« On peut tout se dire, mais pas sur n'importe quel ton », telle était la règle qui a permis de nombreux et fructueux dialogues... et de faire tomber les caricatures réciproques. 
«  L'Église doit se faire parole, message, conversation », affirme Marcel Perrier, à la suite de Paul VI. C'est sans doute pour cela qu'il s'est aussi investi dans la chanson en composant de merveilleux textes, ou encore par des poèmes rendant hommage à la nature, à la vie montagnarde de son enfance, aux valeurs de dialogue et de l'écoute des autres (regroupés dans un livre "Paroles et Paraboles aux éditions Edelweiss). 
C'est encore le livre "Feuilles d'Automne ", regroupant poèmes, homélies, méditations et articles pour divers journaux, y compris l'Humanité, distillés tout au long de sa vie. Depuis sa retraite "officielle "en 2008, il devint pendant trois ans aumônier national du Mouvement "Voir Ensemble "(ancienne "Croisade des Aveugles ")
Actuellement, il multiplie les déplacements pour animer des retraites : La Rochelle, puis Toulouse en février, Orléans, Angers, Luçon, en mars... Mgr Perrier n'élude aucun sujet, même les plus difficiles, attaché à son sens de l'écoute et du respect de l'autre. L'ordination d'hommes mariés ou de femmes : « Si un jour j'avais à le voter, je voterais oui ». 
La présence des laïcs dans l'Église : «  L'Église a besoin de plus de laïcs formés et envoyés en mission et je vois que chaque année, en France, on diminue les postes. Cela m'ennuie  ». Et Mgr Perrier s'interroge sur son rôle : « N'ai-je pas été dépassé par les responsabilités qu'on me donnait  ? J'ai trouvé difficile l'adaptation de ma mission à tant d'évolutions vécues en 50 ans. 
Trop accaparé par les affaires courantes, on ne prend pas assez de temps pour la prévision et la préparation de l'avenir. Quand je pense par exemple à mon Beaufortain d'origine, et que je vois les réussites que l'on connaît pour la coopérative ou le développement du tourisme, l'Eglise en a-t-elle fait autant ? Il faut être plus sensible et plus réactif aux évolutions. Mais il est vrai que l'on se sent plus souvent à l'aise dans ce que l'on sait faire que dans ce qu'on devrait inventer ».

Vous allez prochainement revenir à Queige, dans le Beaufortain ?

« Oui, pour célébrer la Sainte Agathe, la patronne du village, le dimanche 5 février. On ne peut aller à Arêches sans passer par Queige ! Depuis le regroupement des paroisses, toute la paroisse St Roch en Beaufortain, dont Queige fait partie, est devenue la paroisse de mon enfance. Et je reverrais avec plaisir la magnifique Piéta de l'église de Queige devant qui j'ai beaucoup pleuré lorsque j'avais 12 ans. J'aurais l'occasion de rappeler cet événement lors de mon homélie ».
E.M.

Extrait de l'hebdomadaire "La Savoie" di 26/01/2012


************************

Hommage à Mgr Marcel Perrier (1933-2017)
par le P. Jacques Plassiard, curé et doyen de la vallée autour de Moutiers

Marcel Perrier, prêtre, évêque est décédé le 2 octobre 2017 à Moutiers (Savoie), emporté par un cancer du pancréas.
Sa sépulture a eu lieu le lundi 9 octobre, à 14 h 30 à la cathédrale de Moutiers et inhumé le lendemain mardi 10 au cimetière de son village natal, Arêches-Beaufort.

Né à Arêches en 1933, à 10 ans le petit berger entre à St-Sigismond chez les Assomptionnistes, puis au collège St-Paul. Après le grand séminaire de Chambéry il devient prêtre le 28 juin 1957 pour le diocèse de Tarentaise. Il est successivement aumônier de lycée à Albertville, curé à Notre Dame de Briancon-Cevins, puis membre de l’équipe de prêtres de Bourg-saint-Maurice. Avec, à deux reprises, la charge de vicaire général. En 1988 il est appelé comme évêque auxiliaire des diocèses de Savoie jusqu’au départ de Mgr Feidt. Il choisit pour devise épiscopale : « Christ, notre paix ». Après un retour dans le ministère paroissial de base, ce qu’il souhaitait, il est nommé évêque du diocèse de Pamiers en Ariège…

Poèmes

En 2008 il revient en Savoie, administrant un temps les paroisses de Haute Tarentaise, vallée marquée par le tourisme. Il réside ensuite à la Maison diocésaine de Moutiers, assurant de nombreux services paroissiaux, en soutien de l’équipe de prêtres du doyenné, jusqu’à ce début d’été 2017. Tout en animant de nombreuses retraites, conférences, haltes spirituelles en Savoie et dans d’autres diocèses de France.

Comme le ministère de prêtre ou d’évêque ne se cantonne pas à un territoire paroissial, il accompagne de nombreux mouvements chrétiens au niveau local ou national dont : Action catholique ouvrière, Mission ouvrière, Action catholique générale, Mouvement chrétien des retraités. Il est durant trois ans aumônier national du mouvement des malvoyants « Voir ensemble ».

« L’Église doit se faire parole, message, conversation… » (pape Paul VI). Il réalise cela à travers ses poèmes dont certains ont été mis en musique et chantés, entre autres, par Françoise Raynal et surtout par son ami Noël Colombier. Dans une interview, celui-ci disait à peu près ceci, que le plus beau compliment que Dieu pourrait lui faire serait « j’ai beaucoup aimé la façon dont tu as chanté la vie, mon Fils et Moi ». On peut dire la même chose de Marcel Perrier dans ses textes évoquant la nature, la vie montagnarde, la nécessité du dialogue, de l’écoute (dans Paroles et Paraboles) ou regroupant ses méditations, homélies, et articles dans divers journaux, depuis les revues diocésaines, en passant par La Croix, jusqu’à L’Humanité (dans Feuilles d’automne). Impliqué dans la société civile, il a tissé des liens avec de nombreuses personnes et groupes de toutes opinions, et partagé leur humanité…


Voici un de ces poèmes de circonstance le jour de sa sépulture
Cliquez sur le lien suivant pour visualiser l'intégratilité du poème  https://stpierremoutiers.blogspot.fr/p/lorsque-jarriverailorsque-jarriveraiau.html

Lorsque j'arriverai

Lorsque j'arriverai
Au terme du chemin
Oh mes amis
Fermez
Fermez les yeux
Sur mes faux pas
Oubliez-les
Bien vite
Oubliez-les.

Lorsque seront croisées
Mes deux mains dans la mort
Oh mes amis
Tendez
Tendez vos mains
A l'étranger
Au pèlerin
Bien vite
Accueillez-les.

Lorsque seront fermés
Mes deux yeux fatigués
Oh mes amis
Ouvrez
Ouvrez vos yeux
Sur les beautés
De cette terre
Oh oui Admirez-les.

Lorsque seront brisées
Ma voix et mes chansons
Oh mes amis
Gardez
Gardez les mots
De l'amitié
Et de l'espoir
Oh oui
Rechantez-les !
Marcel Perrier

« Il nous a donné le la, le ton, le tempo »

Quelques-uns, parmi tant d’autres le disent : « Marcel… un ami, un frère, un père, une borne précieuse de mon chemin d’homme… Son humanisme a semé en moi, mes raisons de vivre, d’affronter les douleurs, d’inventer l’avenir. Il a ouvert à beaucoup la route d’un futur… Proche, Marcel, tout proche du cœur et de la dignité que tu m’as enseignée et qui m’a fait humain parmi les humains « (Michel Etievent, écrivain). « Contact étonnant avec les jeunes de l’aumônerie de lycée (600 par semaine à Albertville dans les années 1960) et dans une relation de confiance avec les parents » (Jo, prêtre). « À Notre-Dame de Briançon, au cœur de trois usines, il a partagé de près le dynamisme du développement industriel comme les dures conditions de travail, soucieux de voir l’humain épanoui et non avili dans le travail. » « Toujours présent et proche pour encourager, stimuler, soutenir. Avec le souci de permettre aux plus petits de la société de prendre toute leur place. » « Il s’est donné jusqu’au bout pour communiquer la Bonne Nouvelle dans le langage et la sensibilité des hommes d’aujourd’hui. Bon et fidèle serviteur de l’Évangile. » « Il nous a donné le la, le ton, le tempo » (Antoine, ami musicien)

Marcel, le père Perrier, Mgr Perrier… Chacun le connaît sous l’un ou l’autre nom, comme homme de conviction, de foi volontaire, de dialogue et tout cela dans la simplicité et la proximité. Berger jusqu’au bout.

Article de « La Croix » du 06/10/2017 : 



**********************





****************

Homélie 
par le père Pierre VIALE

Cliquez sur le lien suivant pour visualiser l'intégralité de l'homélie https://stpierremoutiers.blogspot.fr/p/blog-page_19.html

Extrait … 
Il s’est donné jusqu’au bout, malgré la souffrance ; il signait ainsi, par la façon dont il a vécu les derniers mois, toute une vie de prêtre habitée par le don de sa vie aux gens qu’il rencontrait. En cela il rejoignait à nos yeux le chemin de son Maître. « Fermez les yeux sur mes faux pas, oubliez-les » avons-nous entendu tout à l’heure. L’amour du Christ qui l’habitait emporte avec lui tous les faux pas. Il rejoint son Seigneur, et les bruits de la fête du Royaume dont il a tant rêvé avec les Béatitudes lui indiquent le but du voyage. Je l’imagine bien discuter avec Jésus-Christ sur les questions de l’Eglise et du monde, en essayant de le faire sourire, tout en continuant à se soucier de ceux qui ne connaissent pas encore cette grande espérance, cet accomplissement de l’humanité.

****************

Le Credo
(Version Marcel PERRIER)

Cliquez sur le lien suivant pour visualiser l'intégralité du texte : 


****************


***************

Lettre posthume à l’ami
  

Photos de la cérémonie de sépulture



Un hommage (collation de plusieurs témoignages)


Ce qu’en dit Wikipedia


Le plus grand parmi vous sera votre serviteur 
(d’après « Feuilles d’automne » de Mgr Marcel PERRIER)
https://stpierremoutiers.blogspot.fr/2017/11/le-plus-grand-parmi-vous-sera-votre.html

Servir, c’est avoir, non pour accumuler, mais pour partager.
Servir, c’est savoir, non pas pour éblouir, mais pour éclairer.
Servir, c’est pouvoir, non pas pour dominer, mais justement pour servir.
Servir, c’est valoir, non pas pour paraître, mais pour être.
Servir, c’est croire, non pas pour limiter l’homme, mais pour le grandir.