Eglise de Conflans


Informations pratiques


Adresse


Place de l'Église - 73200

Horaires d'ouverture


Tous les jours de 9 H 00 à 18 H 00


Historique


De tous les monuments anciens de CONFLANS, l’église est le plus récent. Pourtant, la paroisse est ancienne. Située au point où la voie romaine entrait en Gaule, CONFLANS eut très tôt des chrétiens, et la paroisse date du début de l’organisation du diocèse de Tarentaise, qui remonte au V° siècle.

La titulaire de l’église est « Notre-Dame de l’Assomption » et le patron de CONFLANS est « Saint Grat ». Un conflarain, Oger MORIZET, évêque d’AOSTE, donna en1432, à sa paroisse natale, un magnifique reliquaire en forme de bras, renfermant les reliques de Saint GRAT, fêté le 7 septembre.

L’emplacement de l’église ne semble pas avoir changé. A-t-elle remplacé un temple païen ou un édifice public ? Une indication pourrait être donnée par une inscription que l’on voit à un angle extérieur de la sacristie : NIOPVE-S.

L’édifice primitif, probablement roman, était orienté vers l’Est. Il a été sérieusement endommagé par un gros incendie le 2 Avril 1632. Au début du XVIII° siècle, on décida de donner à l’église de plus vastes dimensions. Pour cela, il fallait changer son orientation. Vers le Nord, le rocher fut taillé, comme le rappelle une inscription, derrière le clocher.

Avec son portail à pilastres et fronton brisé, ses trois nefs, ses six grands piliers à plan cruciforme, supportant des voûtes à arêtes, ses grandes fenêtres, à plein cintre et à pierres de taille, l’église de CONFLANS est la sœur de toutes les autres églises de Tarentaise. A la fois demeure de Dieu parmi les hommes et lieu de rassemblement du peuple chrétien, elle ne se distingue pas tellement des maisons du bourg, si ce n’est par sa masse, encore appesantie par la grande façade, récemment peinte, et les longs pans du toit.


Le rétable


Le goût du temps voulait que l’on ornât le fond plat du chœur d’un monumental retable. Celui-ci fait penser à une scène de théâtre sacré, dont l’autel serait le centre. C’est l’idée qu’a lancée BERNIN : l’autel est une architecture dont toutes les formes sont en mouvement. Mais ses principes ont été tempérés en passant les Alpes.

Le retable de l’église de CONFLANS est l’œuvre du sculpteur Claude-Antoine MARIN de Flumet, qui avait déjà édifié, soit seul, soit avec Jacques CLERANT, les retables de BUSSY, ROGNAIX, DOUCY. Le travail fut terminé en 1711-1712, par Jacques CLERANT, qui dora les sculptures de MARIN. Cette dorure, mate et chaude à la fois, a surmonté les vicissitudes du temps : elle a été très peu retouchée. Les deux tableaux du retable sont l’œuvre du peintre BERENGIER, de CHAMBERY.

Zone de Texte:  Ce retable, dont l’allure est plus équilibrée que certains autres retables de Maurienne et de Tarentaise, est pourtant encore peuplé de saints et d’anges.
La partie supérieure est réservée au tableau de l’Assomption de la Vierge au milieu des anges ; deux cariatides supportent un fronton épousant le plein cintre de la voûte, où plane une colombe, accompagnée de têtes d’anges, sortant des nuages. Au milieu, dans un cadre richement sculpté en plein bois, peint sur toile, Saint GRAT, crossé et mitré, est en mouvement dans un décor d’orage, tandis que le démon, au loin, ricane. Dans des niches, creusées sous de larges coquilles, au milieu de pans coupés, à droite, Sainte PHILOMENE, à gauche, Saint Louis de GONZAGUE, par leurs gestes et leur allure, concourent à animer ce théâtre ; au-dessus, deux bustes, dans une décoration contournée.

Ces trois panneaux sont séparés par quatre grosses colonnes, bien galbées, bien dorées, autour desquelles s’enroulent symétriquement des rameaux fleuris, liés deux à deux par des nœuds de ruban ; coiffés de chapiteaux composites, elles supportent un entablement. Au rez-de-chaussée du retable, le tabernacle, auquel manquent, à droite et à gauche, deux statues (l’une de St PIERRE, l’autre de St PAUL), volées le 27/08/1959.

 Ce tabernacle porte une exposition, dont le couronnement est tenu par deux anges, qui remuent bras et jambes. Puis, par horreur du vice, le sculpteur a couvert les espaces nus de bouquets, rinceaux, vases, guirlandes, qui font du retable une véritable ciselure. Par opposition, les stalles sont très simples. Elles sont l’œuvre de BRETON (1711-1712), menuisier très consciencieux. La porte du chœur en fer forgé est de la même époque.


La Chaire

Le morceau le plus étonnant du mobilier est la chaire à prêcher, due au ciseau de Jacques CLERANT (1718), sculpteur aussi de la chaire de Beaufort et du retable de CHAMPAGNY-LE-BAS. Partout souffle un vent qui froisse les plis trop amples des vêtements, soulève les robes : la vie s’exprime par le mouvement. St PIERRE et les évangélistes sont assis assez inconfortablement contre les angles des panneaux décorés de feuilles, de fleurs et d’écussons.

St PIERRE, bouche ouverte, est reconnaissable au trousseau de clés liées par une cordelette ; à côté de St MATTHIEU, un ange svelte a le doigt levé ; l’aigle de St JEAN, la belle tête de bœuf de St LUC et l’étrange lion de St MARC, apportent quelques traits pittoresques dans cet ensemble mouvementé. Mettons à part les têtes d’anges  à grosses joues pleines, nez retroussés, cheveux épais, lèvres supérieures un peu renflées et animées par de grands yeux.

Au dossier, un pathétique Bon Pasteur semble ne pas sentir le poids de sa brebis. A ses côtés, deux adolescents, dont les longues tuniques flottent au vent, soutiennent le dais, chargé d’ornementations : guirlandes un peu lourdes pendant sur les bords et plus haut, assis sur la corniche, comme des gamins au bord d’un toit, six petits garçons, ornés d’ailes, habillés d’un chiffon tortillé comme une ficelle ; chacun à son occupation. Le 1er tient un gros livre sur sa cuisse ; le 2nd joue du violon ; le 3ième chante ; le 4ième est flûtiste ; le 5ième est encore violoniste et le 6ième bat la mesure avec conviction. Enfin, tout en haut, en apothéose, la Vierge en Assomption, sur une nuée de têtes d’angelots.

Les Fonts Baptismaux


Il faut sans doute attribuer au même sculpteur les six panneaux des fonts baptismaux en bois, posés sur une vasque de pierre, qui ne semble pas avoir été faite pour eux. On y retrouve les mêmes têtes d’anges, tantôt mélancoliques, tantôt souriants, et aussi les mêmes guirlandes de feuilles et de fleurs.

Les Autels


Les autels latéraux, élevés grâce aux fondations pieuses faites par les familles illustres de Conflans, évoquent un peu l’histoire seigneuriale du Bourg. Le 1er, à droite en rentrant, dédié à St Pierre II de Tarentaise qui, avant d’être archevêque (1141-1174), fut le 1er Abbé de TAMIE(1132), est l’autel de la famille Perrier de LA BATHIE ; devise : « Non deficiam » et écusson, peints aux pieds de l’archevêque : d’azur avec un rocher d’argent et une étoile d’argent en chef. Sur le même tableau figure St ANTOINE.

En remontant vers le chœur, l’autel de St François de SALES qui, de passage à CONFLANS, conseilla aux Conflarains d’y appeler les Capucins.
Au fond, l’autel du Rosaire.
Dans la collégiale gauche, un grand Christ en bois occupe le mur de la 2ième travée. Le devant d’autel de la chapelle des Sts Apôtres PIERRE et PAUL porte les armoiries et les devises des familles Manuel de LOCATEL (Pugnae paratio) et de BUTTET (la vertu est mon but). Au fond, l’autel de St JOSEPH.

Les Clochers


Le clocher fut en partie démoli en 1794 sur l’ordre du représentant en mission : ALBITTE. En 1804, on le reconstruisit comme il était auparavant. Sur le 3ième étage d’une tour quadrangulaire, s’élève une tour octogonale d’où s’échappe la voix grave du beau bourdon de CONFLANS, accompagné par les tintements clairs des trois autres cloches.