01/04/2018 : la Résurrection par le Père Pierre BEZIN


LA RESURRECTION
Ressusciter : qu’est ce que cela signifie ?

PREAMBULE :
Ressusciter, cela signifie : se lever, se relever, reprendre vie. Les chrétiens appliquent ce mot à Jésus pour dire qu’après sa mort sur la croix, il est redevenu vivant. Ce qui, pour la grande majorité des gens, ne veut rien dire. Revivre après la mort, c’est inouï, incroyable, impensable. Aussi je vais commencer par prendre ce mot dans un sens beaucoup plus restreint, en racontant trois récits. Oui, on peut parler de résurrection dans un sens pensable.

1/ J’ai vécu plusieurs années dans un quartier des Prés Saint-Jean, à Chalon-sur-Saône, Allée Louise Michel. Nous étions une dizaine de personnes à faire partie d’une équipe de locataires adhérents à la CNL (Confédération Nationale des Locataires). Nous nous réunissions régulièrement pour parler des problèmes qu’il pouvait y avoir entre les locataires et les propriétaires du logement social, et dans les immeubles et le quartier.
L’un d’entre nous avait connu une période difficile dans sa vie. Il s’était trouvé un certain temps divorcé, au chômage et alcoolique ; jusqu’à avoir besoin d’une désintoxication (Il ne lira pas ces lignes, ayant quitté notre département). Il s’en était sorti : il avait trouvé du travail, une nouvelle épouse, et il ne buvait plus d’alcool. Il nous a dit un jour : « Je me suis trouvé dans le trou. J’en suis sorti. Il faut maintenant que j’aide les autres. » J’ai admiré sa réflexion.
Malheureusement, après quelques années, il s’est retrouvé dans la même situation. Il avait changé de quartier,
j’allais le voir chez lui, mais il n’était pas brillant.
Il a habité une autre ville où il a retrouvé une nouvelle épouse qui l’aime et qui l’aide, et un travail solide qui lui interdit l’alcool. La dernière fois que je lui ai téléphoné, c’était un homme heureux. Il avait vraiment repris vie. Pour moi, c’est un exemple de résurrection.

Voici un autre récit tout différent. Dans les années 1980, je participe à Chagny à une messe célébrée par Monseigneur Proanio, Evêque de Riobamba, en Equateur. Je l’avais reçu deux fois à Saint Pierre à Chalon, et j’avais passé un séjour chez lui en 1979.
A cette époque, la population de l’Equateur était nettement partagée en deux : d’une part les descendants des colonisateurs espagnols, parlant espagnol et vivant à l’occidentale ; d’autre part les peuples des différentes tribus indiennes d’avant le XVI° siècle. Ceux-ci vivaient dans les terres les plus montagneuses et les plus pauvres. On les utilisait dans des travaux très peu rémunérés et sans droits. Ils étaient victimes d’un mépris général, traités d’incapables, de paresseux et d’ivrognes. On ignorait leur culture d’autrefois.
On pouvait trouver des œuvres d’artisanat de leurs tribus dans des musées à Paris, mais pas à Quito.
Monseigneur Proanio faisait partie du peuple quechua.
Après cinq siècles de colonisation et de baptêmes, il était le premier évêque issu du monde indien. Un monde qu’il soutenait et encourageait dans ses combats pour la dignité, la propriété des terres cultivables, l’égalité des droits...
On fêtait le premier septembre Saint Lazare, patron du diocèse d’Autun. Or quelque temps auparavant, un cultivateur quechua, Lazare Condo, avait été tué au cours d’une manifestation. Monseigneur Proanio lit le récit de la résurrection de Lazare, dans l’Evangile. Dans son homélie, il rappelle les mots qu’il avait lancés très fortement devant le tombeau encore ouvert aux obsèques de Lazare Condo : « Lazare, dehors. » Je me demandais ce que cela pouvait signifier, car je savais bien que le cadavre n’allait pas se relever. Mais j’ai compris par la suite de l’homélie.
Monseigneur Proanio appelait tout le peuple quechua à se relever, à reprendre une vie digne après cinq siècles de mépris et d’esclavage. Une résurrection, une insurrection qui n’est pas encore terminée pour des peuples d’Amérique Latine.

Le troisième récit, c’est la parabole bien connue de « L’enfant prodigue », dans l’évangile de Saint Luc. En trois fois le père redit les mêmes mots pour exprimer son bonheur : « Ce fils qui est le mien (ou ce frère qui est le tien) était mort et il vit, il était perdu et il est retrouvé. »

LA RESURRECTION DE JESUS
Les deux récits que je viens de citer parlent de résurrection dans un sens très beau, mais restreint. Or quand les chrétiens disent que Jésus est ressuscité, c’est dans un sens bien plus fort. Ils veulent dire que Jésus est vivant par delà la mort. Et non seulement il a repris vie ; il ne s’agit pas d’une réincarnation. Mais il participe à la vie même de Dieu. Et pour les chrétiens, c’est le point de départ et le centre de leur foi.
C’est du domaine de l’impossible, de l’incroyable, de l’extravagant, de l’inouï, au sens exact du terme : on n’a jamais entendu cela. On n’a jamais vu un homme revivre après sa mort. Et d’une vie divine. C’est pourtant ce qui est annoncé, proclamé au milieu du premier siècle de notre ère.
Ce qui est écrit à l’époque : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous, vous avez crucifié. »
A notre époque, des chrétiens admettent le message de fraternité universelle de Jésus, son Evangile « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Aimez-vous les uns les autres » ; un message de paix, de justice, d’entraide, de soins des pauvres et de ceux qui souffrent. Mais ils rejettent en majorité ce mystère de la résurrection, ou simplement n’en tiennent pas compte. Et ils rejettent aussi ce que cette foi entraîne : la résurrection en Dieu de nous tous. Or pour les chrétiens vivant de leur foi, accueillant ce mystère, l’incroyable est devenu croyable.
En fait, l’homme Jésus, un prédicateur, un prophète d’une petite région de l’Empire romain, qui pendant deux ou trois ans a parcouru son pays (quelques cantons) en proclamant son message, nous ne l’aurions jamais connu, il ne serait jamais entré dans l’Histoire avec un grand H, nous ne saurions même pas son nom, si n’avait pas couru sur son compte une rumeur, un ouï-dire qui se répand de bouches à oreilles dans les populations. Selon cette rumeur, cet homme, que l’on avait vu mourir en public, ses amis ont été bouleversés par cette conviction inouïe, imprévisible : il est vivant, il est lié de très près à Dieu même. Cette rumeur s’est répandue. En 30-40 ans, sans téléphone, ni radio, ni télévision, ni ordinateur, elle avait fait le tour de la Méditerranée. Elle était parvenue à Rome, aux oreilles de l’Empereur : il avait dû s’en occuper.
Par petits groupes, elle a continué de se répandre.
Jusqu’à aujourd’hui. Cette rumeur, cette étrange rumeur, certains parmi vous l’ont accueillie et la colportent.

LES TOUT-PREMIERS TEMOINS
Ils étaient un petit groupe d’hommes et de femmes qui avaient bien connu Jésus. Ils étaient ses disciples, ayant quitté leur famille pour l’accompagner, formant avec lui une équipe.
Ou bien plus simplement ses amis. Ils avaient été enthousiasmés par sa parole, une parole simple, compréhensible, faite souvent d’histoires, de paraboles. Et par son attitude de bonté, d’accueil de personnes de tous genres. Il semblait apporter une vie nouvelle, faite de fraternité et d’espérance. Il avait en particulier un comportement inhabituel vis-à-vis des femmes et des enfants, méprisés dans la société. Il prenait en particulier un grand soin des malades. Sur bien des points, les paroles et les attitudes de Jésus allaient radicalement à l’encontre de la mentalité de son pays et de son époque.
Sur le plan religieux, il ne considérait pas Dieu comme un chef auquel on doit obéir à tout prix, mais comme un Père aimant tous les êtres humains, bons ou mauvais, comme des enfants bien-aimés. Ses disciples et amis connaissaient aussi ce qui pouvait leur apparaître comme des défauts : ses colères, ses paroles violentes contre toute hypocrisie, cette assurance outrancière qu’il avait pour mettre en cause les traditions les plus anciennes et les plus sacrées de la religion de son peuple.
Et voici que tout s’effondre. Jésus est arrêté, jugé, condamné par les autorités religieuses qui obtiennent des autorités romaines sa mise à mort. Il meurt crucifié, comme un esclave. Ses disciples prennent peur et disparaissent. Il est facile de supposer l’angoisse et le désespoir qu’ils vécurent. Et la peur. L’aventure qu’ils avaient connue avec lui était terminée.
Et un jour, cela repart. Quelque chose d’imprévu, d’incroyable, se produit au cœur des disciples. Ils deviennent
persuadés que Jésus est vivant par delà la mort ; ils en sont persuadés par une conviction de très grande force. Et cela donne la rumeur qui commence à courir parmi les cités autour de la Méditerranée.
Un jour. Quel jour ? Les textes de cette époque ne le disent pas, car les chiffres qui viennent de la Bible sont toujours symboliques : le troisième jour, cinquante jours après Pâques, etc... Mais dès les années 30-40 du premier siècle, des communautés chrétiennes existaient en plusieurs cités, qui affirmaient que Jésus est vivant.

DES PREUVES HISTORIQUES
Il n’y a aucune preuve de la résurrection de Jésus. C’est un élément de foi, non de raison. On peut croire ou ne pas croire. On ne devrait même pas parler d’événement : Jésus est vivant dans l’éternité de Dieu, et l’éternité ne comporte pas de temps ni de dates.
Mais il y a des preuves de la foi des premiers témoins. Ils ont cru en Jésus ressuscité.
- La mort de Jésus les avait dispersés. Or ils se retrouvent à nouveau formant un groupe qui se développe. Cela donne l’Eglise, qui existe quelques mois, à coup sûr quelques années après la mort de Jésus.
- Ils étaient non seulement dispersés, mais aussi ils avaient peur. Ils craignaient qu’on les reconnaisse comme disciples de cet homme qui avait été condamné et mis à mort comme un esclave. Or non seulement ils n’ont plus peur, mais ils trouvent en eux-mêmes une énergie incroyable pour proclamer publiquement ce qui est justement incroyable, impensable. Ils ne craignent plus les autorités juives et romaines. Ils sont eux-mêmes « ressuscités », c'est-à-dire qu’ils se relèvent, qu’ils revivent une nouvelle vie. De lâches, ils deviennent courageux. Il a fallu pour cela qu’un événement imprévisible se produise en eux et les bouscule, et cet événement c’est la foi que Jésus est vivant. Leur courage est une preuve de leur foi.
- C’étaient des Juifs qui avaient une connaissance particulière de Dieu. Pour eux, Dieu était d’abord le Dieu du peuple juif. Et voici que la pensée sur Dieu est étendue : il devient le Père de tous les hommes. Des païens partagent la foi des premiers témoins, ils croient que Dieu a ressuscité Jésus, et ils sont admis, d’abord avec difficulté, dans les communautés chrétiennes sans être obligés de suivre la religion juive.
- Pour les Juifs répandus à travers l’Empire Romain, un rite religieux était de grande importance : le sabbat, le repos absolu le samedi (ils tenaient sans doute ce rite des Babyloniens). Le peuple romain et les autres peuples ne pratiquaient pas ce repos : ils en faisaient un sujet de moquerie. Les chrétiens racontent que Jésus est ressuscité le troisième jour après sa mort (date encore une fois symbolique, mais on s’y attache). Cela a provoqué chez eux, même s’ils venaient du judaïsme, un changement de date : le jour du Seigneur, le sabbat, est passé du samedi au dimanche.

Preuve de leur foi. Je le redis : il n’y a aucune preuve de la résurrection de Jésus, et il n’y en aura jamais. Mais, il y a des preuves de la foi des premiers disciples. Ils n’auraient pas cru à l’incroyable s’ils n’avaient pas été bouleversés eux-mêmes par une découverte inouïe, impensable. (Pour les croyants, ce bouleversement vient de la présence de l’Esprit Saint en eux).

LES TEXTES
Le premier texte qui parle de la résurrection de Jésus, à laquelle il joint l’annonce de notre résurrection, date de l’an 51 : une vingtaine d’années après la mort de Jésus. « Si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même aussi ceux qui sont morts, Dieu les ramènera, par Jésus et avec lui. » Il s’agit de la première lettre de Saint Paul aux chrétiens de Salonique, écrite depuis Corinthe. C’est le premier texte du Nouveau Testament, car moins de 20 ans avant les Evangiles. Nous savons la date exacte parce que Paul a comparu devant le proconsul (=gouverneur) Gallion, frère de l’écrivain Sénèque. Selon l’histoire romaine, Gallion était procureur à Corinthe et sa région en 51. Vingt ans après la mort de Jésus, il y avait donc déjà plusieurs communautés chrétiennes dans l’Empire romain, qui proclamaient la résurrection de Jésus.
Mais comment les premiers témoins pouvaient-ils exprimer ce qui était leur conviction profonde, qui était du domaine de l’extravagant, de l’inexprimable, du divin ? Jésus vivant après sa mort, proclamé Seigneur, c’est à dire Dieu ! Ils n’étaient pas catéchistes, ni théologiens. Ils ont utilisé le langage qui était le leur ; ils n’avaient pas d’autre vocabulaire. Un langage concret, fait d’histoires.
Les Evangélistes, après l’année 70, ont mis par écrit ces histoires qui ressemblent à celles qu’on lit dans les écritures juives. On y voit parfois par exemple des anges. Ces histoires ne concordent pas toujours, elles se contredisent parfois. Celle des disciples d’Emmaüs, très belle d’ailleurs, est surprenante.
A la fois, il est dit : « Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. Mais il disparut à leurs yeux. » Cela faisait des heures qu’ils marchaient et parlaient avec Jésus. Ils avaient sans doute les yeux ouverts, et ils ne reconnaissaient pas cet homme qu’ils avaient fréquenté. Et ils le reconnaissaient au moment où il disparaît à leurs yeux et qu’ils ne le voient plus !
Pour dire que Jésus est vivant en Dieu, deux sortes d’histoires sont racontées, à la manière de la Bible. Il ne faut surtout pas les prendre à la lettre.
1-Le tombeau de Jésus est ouvert et vide. Le cadavre a disparu. Si cela avait été ainsi, il y aurait eu une réincarnation, non une résurrection dans le monde divin. Il est probable que le corps de Jésus ait été jeté dans une fosse commune, mêlé à tous les crucifiés. Si on me le montrait, cela n’enlèverait rien à ma foi. C’est d’un autre ordre. Le tombeau vide est présenté dans les quatre évangiles. Pour les quatre évangélistes, ces récits sont une manière concrète d’annoncer la résurrection de Jésus. Et ils nous en donnent le sens. Ce n’est pas une réincarnation. Jésus est vivant d’une vie nouvelle : il ne faut pas le chercher dans un tombeau, dans un corps physique.
Pour la vie au-delà de la mort, pour nous comme pour Jésus, Saint Paul parle de « corps spirituel ». Comprenne qui pourra.
De toutes façons, on ne peut rien dire de ce qui se passe exactement après la mort. Nous croyons que nous vivrons en Dieu, c’est notre foi, notre confiance, mais nous ne savons pas. Cette foi est une bonne nouvelle ; la mort ne retient pas notre corps physique. « Je crois en la résurrection de la chair » signifie « je crois en la résurrection de ma personne. »
2-Les apparitions. Plusieurs récits nous présentent Jésus comme réincarné : les disciples le voient ; il parle et mange avec eux comme s’il reprenait sa vie précédente. Et il disparaît comme s’il redevenait absent. Or selon notre foi, il nous est présent partout et toujours. Les récits d’apparitions sont très beaux et ils disent la foi d’une manière concrète, avec des mots simples qui n’ont rien de théologique. Pour évoquer le divin, nous n’avons qu’un langage humain. Encore une fois, il ne faut pas le prendre à la lettre. Comme si on prenait à la lettre les fables de La Fontaine. En faisant parler des animaux, elles nous disent pourtant quelque chose de la vie humaine. Ce qu’il y a d’éternel en nous est invisible de nos yeux.

MYSTERE DE LA MORT
Qu’y a-t-il après la mort ? Nous n’en savons rien. L’athée affirme : le néant. Le croyant pense à une vie nouvelle. Mais l’un et l’autre ne le savent pas.
La mort est un passage, et un mystère. Mais il y a plusieurs passages dans la vie, bien connus et pourtant mystérieux, même si les scientifiques peuvent dire ce qui se produit : le passage de la cellule à l’embryon, puis au bébé, la naissance, l’adolescence, l’âge adulte. Les passages dans l’évolution de la matière et de la vie. Le mystère du corps humain qui lie la matière et l’esprit. L’évolution est-elle terminée ? Qui connaît l‘avenir ? On peut le dire pour les étoiles et les glaciers. Mais pour l’homme et sa liberté ?
Les chrétiens croient en la résurrection qui est et sera une vie en Dieu et avec Dieu. Qu’en sera-t-il après la mort ? Ils ne peuvent rien en dire, sinon une espérance dans un amour immense, universel. Personnellement, je doute que nous ne connaissions que ceux et celles que nous avons connus sur terre.
Alors, question : comment l’incroyable peut-il devenir croyable ? Qu’un homme soit vivant après sa mort, incroyable, extravagant.

Un essai de réponse : Il y a dans le cœur des hommes et des femmes de notre terre, depuis la nuit des temps, dans le conscient et l’inconscient des peuples, des désirs, des attentes, des espoirs, des cris. Ce monde, notre monde, fait à longueur d’histoire, de haines, de violences, d’injustices, de tyrannies. Ce monde soumis aux maladies, aux catastrophes, où des personnes et des peuples sont broyés, écrasés, ça ne peut pas être toujours ainsi. Et ces liens si forts d’affection que nous tissons au long de nos vies, ça ne peut pas finir en pourriture ou en cendres.
Des attentes, des appels qui s’expriment parfois sous forme de révolte : « Des choses comme ça, ça ne devrait pas exister. » Des hommes qui s’entretuent par millions dans les guerres de 14-18 et 39-45, la Shoah, les massacres à notre époque, les gens de tous âges perdus en Méditerranée, un gamin de 12 ans qui meurt d’une leucémie, des choses comme ça ne devraient pas exister.
Et voici que Jésus, par son message, ses paroles, son comportement, ses réactions, ses rencontres, voici qu’il fait se réveiller ces attentes, ces appels. Il les fait s’exprimer autour de lui. Et voici que sa résurrection apporte une réponse. Entre ces désirs, ces espoirs, ces cris venus du fond des âges et le message et la résurrection de Jésus, il y a convergence, il y a correspondance, il y a réponse. Une porte s’est ouverte.
L’amour de Dieu est si puissant qu’il peut vaincre la mort et conduire les hommes, même avec leur liberté, à un amour universel. Et voilà comment l’incroyable peut devenir croyable.

ESPERANCE POUR NOTRE TEMPS
Et quand l’incroyable est devenu croyable, l’impossible devient possible.
La paix est impossible sur notre terre. Il y a toujours eu des guerres. Il y aura toujours des guerres. La paix est
impossible ? Alors il faut la faire.
La justice n’existera jamais. Il y aura toujours des gens et des peuples vivant dans l’abondance, et des laissés-pour compte, des traîne-misère. La justice est impossible ? Alors il faut la construire, reprendre sans cesse le chantier. Debout les pauvres, debout les affamés de justice. La foi en la résurrection conduit à l’insurrection.
Ce type est irrécupérable. Irrémédiablement. Enfermé dans ses atavismes, on n’en tirera jamais rien de bon. Ce type est irrécupérable ? Alors il faut l’accompagner, lui parler, lui montrer la dignité qu’il porte en lui ; et que l’amitié, ça existe.
La maladie viendra toujours nous abimer, nous faire souffrir, atteindre en nous les sources de vie. La maladie
viendra toujours nous abimer ? Alors il faut soigner, chercher, inventer.
De toutes façons, la mort aura toujours le dernier mot, selon la phrase célèbre attribuée à Staline. La mort aura toujours le dernier mot ? Alors il faut espérer.
Telle est notre foi, tel est notre pari. Un pari étonnant, un pari sur la vie.
Jésus,--Christ,--est vivant—aujourd’hui—avec nous.
Alors, tout est possible.

Pierre Bezin (né en 1928, ordonné prêtre  en 1953)
Prêtre du Diocèse d’Autun
octobre 2017
19 rue Maréchal de Tassigny
71100 CHALON SUR SAONE

Un beau petit livre (90 pages) à lire :
Louis PERNOT : « De la mort à la vie : des résurrections »
Editions Olivétan