12/05/2018 : Adieu à Sr Marie des Neiges


Romanet Alice - Sœur Marie des Neiges  (1923-12/05/2018)




Soeur Marie des Neiges nous a quitté à 95 ans.
Au-delà de l'absence qu'elle nous laisse elle a su être une borne précieuse sur nos chemins.
Nous avons bien connu Soeur Marie des Neiges dans nos équipes d’ACO (action catholique ouvrière) de Moutiers.

Elle était restée une trentaine d’années à Albertville en tant qu'enseignante au lycée Jeanne d’Arc et aux Papillons Blancs. Elle avait fait le choix pas banal de résider dans les tours des quartiers populaires.

Après un séjour à Saint Bon, elle est venue à Moutiers avec Soeur Jeanne Thérèse pour s'installer dans le quartier de la Chaudanne. C'était un choix significatif à leur âge et la façon dont elles se sont implantées était courageux.

Elles ont créé une petite communauté avec l'arrivée de soeur Marie Agnès DELATTRE. Elles ont su tisser des liens fort avec les habitants et nous les avons bien connues dans ce milieu populaire .
Marcel PERRIER qui habitait lui aussi dans ce quartier était émerveillé et nous disait qu'il n'avait jamais réussi à tisser des liens aussi solides que les soeurs avec les habitants.

Soeur Marie des Neiges aimait se retrouver avec nos équipes d'action catholique ouvrière lors de partages , de veillées de Noël ou de diverses rencontres de réflexion , c’était pour elle une continuité de ce qu'elle vivait dans les quartiers.

Leur départ à Jacob a été difficile pour nous tous, mais nous avons su garder des liens importants .
Les échanges avec Soeur Marie des Neiges étaient toujours très personnels. Lorsque nous nous téléphonions ou que nous faisions une visite, il fallait donner des nouvelles de chacun et la vie de chaque personne était bien présente pour elle.
Nous avions malgré tout réussi à ce qu'elle puisse continuer à nous suivre dans le cheminement de nos équipes.

Tout cela habitait ses prières et elle nous portait .

« Merci Soeur Marie des Neiges pour tout ce que vous nous avez apporté durant toutes ces années. »

Témoignage de l'ACO, représentée par les pères Maurice DUNAND et Georges ROCHE 



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« Tout ce que vous ferez au plus petit des miens, c’est à moi que vous le ferez » (Mat.25, 40)

Alice est née à Hauteville Gondon en Haute Tarentaise le 30 janvier 1923 dans une famille de modestes cultivateurs qui comptera trois enfants : le garçon, Auguste, deviendra prêtre,  Alice répondra à l’appel du Seigneur en rentrant dans la vie religieuse et Elise se mariera. Ses trois filles, très attachées à leur tante sœur, sont parmi nous aujourd’hui pour rendre grâce et accompagner Sœur Marie des Neiges jusqu’au lieu de son repos terrestre. Nous mettons notre peine en commun mais aussi la certitude que dans la paix du Seigneur Alice nous attend.

Les sœurs de Saint joseph avaient, au 20ème siècle, de nombreuses petites communautés en Savoie. C’est donc tout naturellement, qu’Alice a répondu à l’appel du Seigneur  en demandant à faire partie de cette famille religieuse. Entrée au couvent de Moûtiers le 21 novembre 1946, elle y prend l’habit le 21 mai 1947 et après un premier engagement par des vœux annuels le 26 mai 1948, elle prononcera ses vœux perpétuels le 9 décembre 1953.

Entrée avec le certificat d’études primaires, au long des années, Marie de Neiges avait acquis, tout en travaillant déjà, une formation sanctionnée par un certain nombre de diplômes : 
- Brevet d’Etude, 
- Certificat d’aptitude pédagogique, 
- Diplôme de catéchiste, 
- Certificat de secouriste de la Croix Rouge.

Ses premiers pas auprès des enfants, Marie de Neiges les a faits à  l’Ecole Sainte Thérèse de Moûtiers dès 1948. Elle a ensuite été envoyée à Albertville à l’Ecole Jeanne d’Arc : dans la classe maternelle confiée à ses soins, ses talents pour le dessin, le bricolage artistique ont été amplement mis à contribution. 

Après 9 années dans l’éducation de ces petits, tout en continuant à faire partie de la communauté, elle a quitté l’enseignement classique pour se consacrer aux enfants déficients : «Les Papillons Blancs ».Ses qualités humaines et spirituelles, elle les a mises à la totale disposition de ces enfants et de leurs familles. Sa simplicité, sa délicatesse,  son écoute pleine de bienveillance, de tendresse, ont trouvé là leur plein emploi et lui ont permis de tisser des liens très forts et durables.

Sœur Marie des Neiges s’est laissée interpeller par les évènements de Mai 68, le Concile Vatican II et  c’est pour être plus proche de la vie des gens qu’elle a demandé à quitter l’Institution Jeanne d’Arc pour aller vivre en petite communauté dans un quartier.  

En 1983, des problèmes de santé   ne lui permettant plus d’assumer une tâche d’éducatrice près des enfants handicapés, Marie des Neiges s’investit davantage dans son quartier d’habitation. Dans l’appartement de la communauté la porte est toujours ouverte à l’accueil des jeunes, des familles, des voisins. Ce qui n’excluait nullement de vivre les exigences de la vie communautaire, partage, prière, révision de vie. Cette même révision de vie, notre sœur la poursuivait dans l’Equipe FEDEAR qu’accompagnait son frère prêtre.

Alice est toujours restée attachée à sa famille : elle savait  se faire discrètement proche et réconfortante quand la maladie atteignait l’un ou l’autre des siens. Cela n’empêchait nullement notre sœur d’aimer la vie et de la partager avec beaucoup de joie : quelles sont ses sœurs de communauté qui n’ont pas fait un séjour, même bref, dans le chalet familial aux Arcs au cours de vacances d’été ?  repas partagés avec les amis prêtres de son frère, veillées amicales avec les membres de sa famille !

Quand Marie des Neiges a dû rejoindre la maison médicalisée elle l’a fait en toute simplicité ; ses difficultés de communication n’ont pas altéré son paisible sourire, elle a continué à utiliser ses dons artistiques pour faire plaisir : cartes décorées porteuses de paroles, sincères, profondes tournées vers l’autre, jamais superficielles et tellement humaines ! Rencontrer Marie des Neiges c’était rencontrer une femme habitée par le Seigneur.


Ce Seigneur, elle l’a rejoint au milieu de la nuit du vendredi 11 mai 2018. Elle sera mystérieusement présente au milieu de ceux et celles, qui avec sa famille et les sœurs de sa congrégation, au cours de la célébration eucharistique qui aura lieu, au Clos St Joseph, le mardi 15 mai à 10 h 30, rendront grâce pour sa vie donnée.

Qu’elle repose en paix !

P.S. l’inhumation aura lieu dans le cimetière de Moûtiers, le même jour, à 16 H.

                                                                                     Les Sœurs de Saint Joseph de Chambéry